Dans quelle mesure l’économie répond-elle réellement à la demande de davantage de transparence? Peter Teuscher est le fondateur et directeur de BSD Consulting. Sa société aide les entreprises à identifier leurs enjeux environnementaux et sociaux, à communiquer de façon judicieuse sur ces questions ainsi qu’à mettre en place des stratégies d’amélioration. «Depuis début mai, un règlement en vigueur dans l’UE oblige les grandes entreprises à fournir des informations sur les transactions financières et sur des questions non financières pertinentes», explique Peter Teuscher. On y aborde des thèmes très variés: l’environnement, les affaires sociales, l’emploi, le respect des droits humains, la lutte contre la corruption et les pots-de-vin, ainsi que la diversité, à savoir la recherche d’une main-d’œuvre plurielle. Cependant, la Suisse attend les premières expériences de l’UE pour lancer un même règlement. «Jusqu’à présent, notre pays a pratiquement fait l’impasse sur toute réglementation en matière d’information non financière», note Peter Teuscher. Depuis mi-2017, les sociétés cotées au SIX Swiss Exchange, la bourse suisse basée à Zurich, publient déjà un rapport de durabilité. Elles s’engagent aussi à l’établir conformément à une norme internationalement reconnue et à le mettre en ligne sur leur site web pendant au moins cinq ans. «Elaborer un tel rapport et le notifier au SIX est encore un acte volontaire», souligne Peter Teuscher. Seules douze des 256 sociétés cotées, dont Credit Suisse, Swisscom, Swiss Life et Warteck Invest, ont, pour l’instant, opté pour cette forme de communication. «Une participation accrue serait un signal fort et elle encouragerait les sociétés non cotées à éditer leurs rapports de durabilité.» La grille de la Global Reporting Initiative (GRI), qui permet de comparer la performance environnementale et sociale des entreprises au plan international, a fait ses preuves en communication.