Swiss Sustainable Finance (SSF) a publié, en mai dernier, la première étude de marché sur l’octroi de crédits durables par des banques suisses. L’étude a été réalisée en collaboration avec la ZHAW School of Management and Law. La BAS a participé à son élaboration ainsi qu’à l’enquête elle-même.
La Suisse, malgré sa petite superficie, est un poids lourd mondial avec sa place financière. Peu importent les déclarations publiques en faveur de la durabilité: des milliards de francs continuent d’affluer chaque année dans des projets nuisibles à l’environnement, comme l’exploitation du charbon et le défrichage des forêts tropicales, avec de graves conséquences sur le climat et la biodiversité. Les émissions de CO2 qui en résultent sont au moins 18 fois supérieures au volume total rejeté en Suisse. Les conséquences négatives de la crise climatique se font sentir également dans notre pays, compromettant de plus en plus l’avenir des générations futures. Nicole Bardet, membre de la direction générale de la BAS et du large comité de l’initiative sur la place financière, confirme l’urgence d’agir: «Ensemble, nous pouvons aménager une place financière qui ne se consacre plus aux profits à court terme, mais à l’intérêt général.» L’alliance considère que les autorégulations volontaires du secteur financier sont absolument insuffisantes: elles se limitent à établir des rapports et à conseiller la clientèle. Alors que l’on attend en vain des mesures plus ambitieuses, la responsabilité continue de reposer entièrement sur les épaules des clientes et clients.
Ce que demande l’initiative sur la place financière
L’initiative réclame une base légale pour rendre la place financière suisse plus durable écologiquement. Les banques, gestionnaires de fortune, assurances et caisses de pension suisses auront l’obligation de conformer leurs activités commerciales à l’étranger aux objectifs climatiques et de protection de la biodiversité convenus à l’échelle internationale. Des plans de transition devront permettre aux établissements financiers de définir eux-mêmes les stratégies, objectifs intermédiaires, mesures et ressources à mettre en œuvre pour atteindre les buts fixés par l’initiative.
Le financement et l’assurance de nouveaux projets d’extraction d’énergies fossiles, comme le charbon ou le pétrole, seront immédiatement restreints. L’initiative sur la place financière interdira aussi le financement ou l’assurance de toute extension de gisements d’énergie fossile existants.